Cinq raisons pour lesquelles vous ne boirez pas de mon vin l’année prochaine

« Pis, quand est-ce qu’on va goûter à ta première bouteille? » me demande-t-on régulièrement. À la quantité de personne qui me posent la question, tout le monde n’aura qu’une goutte de la première bouteille.

Mais ça n’arrivera pas tout de suite. J’ai bien hâte, mais il faut être patient. Voila pourquoi :

‍Absent de cette photo: des raisins

Raison 1 : J’aime maitriser quelque chose avant d’en entreprendre une autre

‍Ils sont tellement cuuuuuuute

En 2012, j’ai appris à faire l’acquisition d’une terre agricole, à fonder mon entreprise, et à drainer une terre.

En 2013, j’ai appris à planter des vignes, et j’ai aussi appris la difficulté à gérer un champ de petites cultures. Souvenons-nous, au passage, que je n’ai aucune compétence particulière dans ce domaine. Je n’ai pas été satisfait de cette année là. On a fait du bon travail, mais ce n’était pas au point. On continuait à rattraper le temps perdu. Ce n’est pas une façon de gérer une entreprise.

En 2014, ça allait mieux. On a planté les vignes restantes, on a mieux contrôler les opérations. Mais ce n’était toujours pas à point. Nous avons investi dans des appareils pour aider, pour désherber mécaniquement. Tout ça aide à diminuer des coûts d'exploitation, et surtout à arrêter d’être en mode réactif tout le temps.

En 2015, je m’attends à ce que les opérations dans le champs soit à point. Je vais apprendre à faire une première vendange. Je ne m’attends pas que ça roule rondement. Ce n’est pas le temps de s’enfarger dans la vinification à ce moment-ci.

Raison 2 : Mes vignes sont bien jeunes

‍Le magasin en construction

32 000 des 40 000 vignes auront 2 ans cet été. Après 2 ans, on peut s’attendre à environ 20% de la production totale d’un plant. Or, parce que nous rattrapions le temps perdu l’année dernière, nous avons dû laisser certaines vignes pousser un peu croche, et on doit recommencer à tailler le Marquette et les Frontenac. Les quantités potentielles de jus sont donc bien limitées.

Raison 3 : J’ai des clients pour mes raisins

‍La terrasse du 2e étage

Pour les autres vignes, Seyval Blanc, Vidal, Maréchal Foch, j’ai déjà d’autres vignerons intéressés à acheter le raisin. Pour les Pinot Noirs et Gris, c’est plus aléatoire, alors si j’ai une production, je trouverai certainement un acheteur. Donc, rien n’est vraiment perdu.

Raison 4 : Je n’ai pas de permis pour la production de vin

Une demande en bonne et due forme doit être fait à la Régie des Alcools, des Courses et des Jeux du Québec pour devenir producteur artisanal de vin. Je vais déposer ma demande, et on verra rendu là. Ça prend du temps à obtenir. Il faut acheter l’équipement, se faire visiter, donner des explications. Bref, c’est une procédure nécessaire, mais qui peut prendre du temps.

Ça sent l'été

Raison 5 : Une question de prix de revient

Ça a l’air un peu bizarre, mais une si petite quantité de vin à produire me demanderait de chauffer mon chai tout l’hiver. Ça me demanderait l’intervention d’un maitre de chai, d’un œnologue, et divers coûts fixes qui demandent à être répartis sur un bon nombre de bouteille avant d'avoir un impact acceptable sur le coût et le prix.. À moins de vous convaincre d’acheter une bouteille à 60$...

‍Bon... vue du condo

BONUS: Raison pour laquelle vous pourriez en boire l’année prochaine

Puisque des vignerons locaux achèteront de mon raisin, en théorie, vous pourriez acheter de leurs produits, et avoir la chance de goûter un peu à ce que je vais produire. La logique est tordue, mais si ça vous donne une excuse pour acheter un von québécois, ça sera ça de fait ;)