‍Le millésime 2016 en quelques mots!

Ma dernière composition sur ce blogue date de février dernier. Déjà! Qui aurait crû tout ce qui allait se passer dans les mois suivant. Je pourrais entrer dans tous les détails, tout ce qui a amené à ce grand saut qui semble encore si irréaliste en ce moment. Je prendrai du temps, cet hiver, pour en parler plus longuement. Mais derrières les épreuves, les grandes décisions et les conséquences, il y a tout de même des bonnes nouvelles. En effet, nous avons reçu récemment l'autorisation, par la régie des alcools, des courses et des jeux, de vendre nos produits. Je voulais prendre le temps de vous en parler un peu, de vous les décrire.

Quarante-Huit

Notre premier "bébé", le Quarante-Huit, est un assemblage Seyval Blanc et Vidal. Une belle robe jaune invitante, un nez qui n'a absolument rien perdu des premières notes d'ananas et de poire que nous détections à la presse, avant même les premières fermentations.

L'année 2016 a été formidable pour nos raisins, et sentir ces arômes très intenses lors des presses étaient enivrantes (spirituellement parlant!). Mais en regardant le moût, nous nous disions que jamais nous arriverions à produire quelque chose de translucide. Tout au long des fermentations, la saveur y était, mais le "look" n'y était pas. Quelques semaines plus tard, vers la fin novembre, à travers les soutirages, et en laissant reposer le vin, nous avons ouvert le chapeau d'une des cuves de Seyval Blanc. À notre grande surprise, le vin était déjà d'une très belle robe translucide, qui me faisait penser à une grosse cuve de jus de pomme filtré. De là, nous étions confiants de pouvoir vous offrir un beau produit. Nous l'avons dégusté entre amis cet automne, sur une terrasse. C'est l'idéal!

Cinquante

Le deuxième "bébé" est le Cinquante, un rouge fait uniquement à partir de Marquette, un cépage hybride conçu pour résister au froid du Québec. D'un rouge très soutenu, il pourrait vous faire penser à un vin très tannique au premier regard. Mais il n'en est rien. D'un nez très fin, floral, avec des notes de petits fruits de bois croquants, de poivre gris. Vous le trouverez léger et équilibré. Nous avons pris le Marquette sans artifice, et il vous fera peut-être penser à un Beaujolais-village.

Quand Jérémie, notre œnologue, est venu analyser nos vins la première fois, nous étions encore en période de fermentation alcoolique pour le Cinquante. La famille était dans le chai, et autant nous étions tout souriant à goûter aux différentes cuves de blancs, autant la cuve de rouge était très "dure" au goût. Jérémie nous avait mentionné, à ce moment, que les rouges sont toujours difficile d'accès au tout début, et que dans quelques semaines, nous devrions trouver que tout a bien changé.

Comme de fait, nous avons soutiré ce rouge au début du mois de novembre. J'étais avec mes parents, et ma mère s'était occupée de retirer le chapeau de la cuve. Elle fut accueillie par une douce effluve de vin rouge. "Ça SENT vraiment le vin rouge" nous a-t-elle dit. Nous nous sommes tous approchés, et rapidement, la senteur s'est propagée un peu partout dans le chai. Ce fut un des soutirage les plus plaisants de 2016!

Mon père me parlait encore de ce moment précis quelques semaines avant de nous quitter, cet été. Le doux parfum de ce Marquette, lors de cette froide journée de novembre, l'avait fait sourire.