Le problème n'est pas le problème, et autres philosophies viticoles.

‍Facebook continue de me mentionner qu'un siècle s'est écoulé depuis mon dernier "blogue". Ce n'est pourtant pas par cause de manque de sujet. En effet, je dirais que la fin de 2016 a été forte en événements, et que 2017 devrait être encore plus intense. Je vais revenir sur la prochaine année d'ici peu. Pour l'instant, regardons 2016.

Côté vignes, ça roule encore un peu carré, mais ça roule quand même. Les récoltes dans le Foch, Vidal et Seyval ont bien été. Les mauvaises herbes ont été beaucoup plus sous contrôle cette année, grâce à certaines machines (La Gilligan, nommée ainsi par référence à la célèbre émission et au mouvement du bateau pris dans la tempête). On n'est pas bio, mais on croit beaucoup au travail mécanique pour compenser les produits chimiques. Cependant, malgré tout ça, on a manqué certaines opérations, notamment de couper les branches "gourmandes" pour exposer le fruit au soleil. La météo a compensé, mais on pourrait en ressentir certains effets l'été prochain, avec la maturité des bourgeons. 

Je disais donc que les récoltes ont bien été. On a eu moins de Marquette que prévu, par problème de structure. Le Seyval Blanc a été égal à lui même. Le Foch a produit énormément (mais malheureusement, nous l'avons vendu à un client!).

Une des cargaisons de Maréchal Foch. Pour y goûter, essayez l'Orpailleur Rouge 2016. Pas encore disponible, quand même!

La surprise a été le Vidal. Ce cépage est divisé en trois grandes sections du vignobles. Nous avons une quinzaine de rangs plantée en 2013, puis le reste (70 rangs environ) en 2014. De ces vignes plantées en 2014, nous en retrouvons une partie près du Foch, et l'autre près du Seyval Blanc (avec les vignes de 2013). Bref. Nous avions 20 personnes pour cueillir le tout à la main. Les premiers bacs ont tardé à arriver, et la première presse a débuté seulement vers 10h00AM. La section près du Foch produisait un niveau convenable de raisin, sans plus. Vers 13h00, les gens sont allés dans la section près du Seyval Blanc, en commençant avec les vignes plus jeunes. On voyait beaucoup la tête des cueilleur, ce qui est un mauvais signe (on veut les voir disparaître entre les vignes, ça veut dire qu'il y a du raisin!). Nous avons débuté une deuxième presse, même si le pressoir n'était pas très plein. Le temps avançait rapidement, les cueilleurs aussi.

Un pressoir en "standby", ce n'est pas efficace!

Vers 15h00, les travailleurs sont arrivés dans les vignes plus vieilles. Ils nous ont demandé des bacs supplémentaires, puis d'autres... et encore d'autres! Entre 15h00 et 17h00, nous avions accumulé tout près de 2 presses additionnelles, en "standby" en attendant que la présente presse se termine. Les gens sont restés une heure de plus, pour terminer ces rangs. En trois heures, nous avons eu près du 2/3 de notre récolte.

Parce que l'optimisation des procédés de production s'applique au milieu vinicole?
‍Parce que l'optimisation des procédés de production s'applique au milieu vinicole?

Pour tous ceux qui ont lu le livre "The Goal" de Eliyahu M. Goldratt, de l'inventaire s'accumulait devant le pressoir, et donc on comprend que le goulot d'étranglement est devenu le pressoir. 

Parce que l'optimisation des procédés de production s'applique au milieu vinicole?

Avec l'aide de mes parents, qui commencent à avoir moins l'âge pour charrier du raisin, nous avons décidé de prendre le temps de finir tout ça. Laisser le raisin au lendemain aurait été facile, mais nous perdons un peu de qualité, et pour une première fois, nous voulions procéder correctement (déjà que notre oenologue trouve toujours une solution à nos problèmes, pas besoin de lui en soumettre d'autre par paresse).

Parce que rien n'est plus "vigneron" comme souper vite fait qu'une crème à la courge musquée et quelques morceaux de magret de canard fumé. N'apparaissent pas sur cette image: quelques morceaux de fromage de la fromagerie locale Fritz Kaiser ( https://www.fkaiser.com/ ) et un p'tit verre de rouge.

Donc, jusqu'à minuit, nous avons pressés tout le Vidal, deux belles cuves à 800l environ. Le tout s'est retrouvé en débourbage, et le lendemain, naturellement, il fallait procéder à la fermentation alcoolique. Un autre paquet de problèmes (ça chauffe, ces cuves là quand ça fermente!). Mais tout de même, nous avons appris énormément.

En gros, à moins de perdre beaucoup de vin dans les filtrations à faire d'ici le début de l'été, nous devrions avoir environ 4000~4500 bouteilles à vendre pour la première année. La récolte du Vidal peut être considéré comme un problème. Mais le problème n'est pas le problème. Le problème est l'attitude face au problème ( dixit Capitaine Jack Sparrow, Pirates of the Caribbean)

Un beau problème.