Les quatre vignes que nous suivront cette année (avec un autre plant en prime!)

Samedi matin, 8h00. Il y a un petit vent pas-trop-chaud. J'ai débarqué tout ce qui avait dans la voiture - 28 lampes d'extérieur pour la terrasse, et de la crème solaire pour les petites. J'ai reçu mon briefing de la semaine par Katy, ma "maître de champs".

Les bébé vidal (les ceps de vidal reçu en 2014) ont reçu leur taille fruitière, et regorgent de sève. Comme le dit toujours notre agronome "Ah, le Vidal, il est ch*ant à partir". L'année dernière, à pareille date, on s'en inquiétait. Pas cette année. Il est parti. Ceux qui devaient mourir sont morts l'année dernière. Les plus forts restent, et on en replantera 1200 cette année pour remplacer la mortalité.

Je souris vaguement suite à la discussion avec l’œnologue, qui a eu lieu en fin de journée, mercredi dernier. C'était notre toute première discussion, et il s'est fait rassurant. "Oui, c'est compliquer de vinifier, mais il faut commencer quelque part, et nous allons y aller avec des méthodes éprouvées pour nous faire la main."

Cette année, nous produirons un rouge, et un blanc. C'est tout. Et pas de grosses quantités. Nous avons seulement six cuves de 1000 litres. Parce que nous avons des rouges, nous devrons transférer d'une cuve à l'autre, alors nous avons réellement un maximum de 4000 litres à traiter. Mais les rouges, pour ne pas prendre de risque, on ne remplit pas la cuve complètement. Il faut laisser de la place pour le marc. Naturellement, une fois pressé et le marc retiré, on en a encore moins. Le point étant: on aura moins de 4000 litres. Si tout va bien. Si, si, si. ;)

Pourquoi seulement six cuves de 1000 litres? Parce que je vais vendre mon raisin, et que de scraper une cuve de 1000 litres coûte moins cher que d'en scraper une de 12 000.

Je me suis dit que j'allais vous présenter 4 ceps, que nous suivrons pendant toute l'année. S'ils meurent, ils mourront. S'ils ne produisent rien, alors ils ne produiront rien. Mais s'ils produisent quelque chose, ça pourrait être intéressant.

Seyval R2P5S

‍Seyval R2P5S

Ce cep de Seyval Blanc, rang 2, plant 5 à partir du sud, était bien parti. Il est dans une terre particulière, très riche, et a produit une quantité importante de raisins en 2015 pour un cep qui a été planté deux ans plus tôt. Il a été buté, sera taillé en bolet, et a besoin d'être un peu déterrer encore.

Vidal R2P3S

‍Vidal R2P3S

Le fameux Vidal! Peu nombreux dans leur version 2013, mais très nombreux en version 2014, le Vidal est comme le Seyval, buté l'hiver, taille bolet. Un assemblage typique au Québec consiste à unir le Vidal et le Seyval Blanc, dans diverses proportions. C'est probablement l'assemblage québécois le plus populaire. Seul, le Vidal peut aussi être utilisé pour faire du vin de glace, ou comme un vin monocépage. Comme on le voit, il semble lui manque un voisin, décédé malheureusement dans la grande purge de plants qui n'ont pas fonctionné en 2013.

Marquette R4P4S

‍Marquette R4P4S

Marquette rang 4, plant 4 par le sud, malgré sa jeunesse, a été en restructuration l'année dernière. Ayant été un peu dépassé par les événements en 2013, les Marquettes n'ont pas été taillé convenablement, alors on a pris une année pour les remettre en place. Rustiques, ils n'ont pas reçu de protection particulière cet hiver, et sera taillé en hauteur.  

Bon, faisons ici une parenthèse. Les vignerons, c'est comme n'importe quel domaine, vous y retrouvez des "groupes". Certains n'aiment pas les viniferas, comme le Pinot ou le Chardonnay, parce qu'ils demandent beaucoup de travail, et qu'ils sont fragiles. À contrario, certaines n'aiment pas les "Minnesota", c'est à dire des vignes développées par l'université du Minnesota, conçues spécifiquement pour résister à l'hiver. On y compte, notamment, le Marquette et le Frontenac. La critique est que ce sont des vignes dont le développement du sucre et de l'acidité est difficile à contrôler, que ce sont des vignes à travailler en cuve (c'est mal!) et que le Marquette ne résiste pas toujours bien à l'hiver. On verra bien. J'ai du Pinot Noir, j'ai du Marquette, et j'ai du Foch. ~~sue me~~

Bref, c'est du rouge, et Monsieur Marquette s'associera en juste noce à la prochaine dame.

Frontenac R4P2N

Madame Frontenac Rang 4 Plant 2 à partir du nord est rare. En effet, le Frontenac noir est un cépage que j'ai limité énormément. À seulement 2000 ceps, c'est mon cépage le moins nombreux. Mais le Frontenac "produit", il est reconnu pour son rendement à l'hectare au Québec. On m'en avait fait une fort mauvaise réputation à l'époque, mais je l'ai choisi suite à la dégustation d'un vin d'assemblage composé de Frontenac et Marquette. J'ai trouvé que c'était le premier rouge québécois qui avait un "je-ne-sais-quoi" que je recherchais. Le Frontenac, aux dires de l’œnologue, est très versatile, et il m'a donnée une idée que j'ai bien aimé.

Laquelle?

Je n'en parlerai pas tout de suite. Si ça fonctionne, je vous en reparlerai. Si ça ne fonctionne pas, je vous dirai que c'était une idée pour un voyage dans le sud... Mettons.

Et en prime...

Lavande 4

Un peu le "Pet project" de Josée et Sophie, le seul prédateur connu des quelques plants de lavandes que nous avons plantés l'année dernière est Émilie qui, lorsqu'elle a faim, pourrait être tentée. Cinquante autres plants ont été commandé cette année.